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c3v Maison citoyenne - JOIGNY - YONNE

GAZ DE SCHISTE: Total en Pologne - Pétro-china en Mongolie - d'autres en afrique, amérique du sud, Yemen, irak, etc.

22 Mai 2011, 08:09am

Publié par C3V

Mr total 

Christophe de Margerie, PDG de Total  

-photo reuters-

+ GAZLAND >>> bouton 030

 

ON EN VEUT PAS EN FRANCE ?

NOUS ALLONS VOIR AILLEURS !!!

Le groupe pétrolier acquiert 49% de deux permis en Pologne. Total continue à croire à une possible exploitation en France, en dépit de la loi votée.

En dépit de l'impopularité des gaz de schiste, Total continue de miser sur cette source d'énergie. Et comme, pour l'heure, les projets du groupe pétrolier semblent contrariés en France, il se tourne vers la Pologne. A l'occasion de l'assemblée générale qui s'est tenue vendredi, Christophe de Margerie, le patron du premier groupe français en termes de capitalisation boursière, a en effet dévoilé l'acquisition d'une participation de 49% dans deux concessions de gaz de schiste en Pologne, auprès d'ExxonMobil. Les deux concessions représentent une surface totale de 2100 kilomètres carrés. Le montant de la transaction n'a pas été révélé.

Le groupe affirme ainsi clairement son intention d'investir dans ces hydrocarbures dont l'exploitation est pourtant controversée. Le pétrolier dispose déjà de deux permis d'exploration dans les gaz de schiste au Danemark et de six autorisations en Argentine ainsi qu'une participation de 25% aux côté de Chesapeake dans les gisements aux Etats-Unis. Le groupe possède en outre un permis d'exploration dans la région de Montélimar, mais qu'il ne peut pas utiliser en raison du moratoire imposé par le gouvernement.

Et Total a fait savoir qu'il n'abandonnait pas son intention d'exploiter un jour du gaz de schiste en France, une source d'énergie pourtant réprouvée tant par l'opinion publique que par les politiques. A l'occasion de l'assemblée générale, Christophe de Margerie a en effet estimé nécessaire de «trouver une solution dans les années à venir pour pouvoir faire en France ce que même la Suède, même le Danemark, qui sont quand même des pays connus pour leur sensibilité environnementale, ont accepté», avant d'ajouter: «on va garder nos droits et puis faire en sorte qu'un jour les gens comprennent qu'on puisse faire de la fracturation hydraulique de manière propre. On reviendra sur la scène pour expliquer».

Ambigüité de la loi

La loi votée par les députés le 10 mai dernier et qui doit encore obtenir l'aval du Sénat interdit le recours à la technique très controversée dite de «fracturation hydraulique». Mais de nombreux députés, PS Verts et Modem en tête, ont toutefois dénoncé une forme d'ambigüité qui subsiste dans la loi. La loi laisse en effet la possibilité d'exploiter les gaz de schiste via une autre méthode d'extraction que celle de la fracturation hydraulique or, à ce jour, aucune autre technique d'exploitation de ces hydrocarbures n'existe.

Et les industriels semblent prêts à se mobiliser pour pouvoir exploiter ces combustibles en France. Selon eux, la France serait en effet «le pays d'Europe le plus richement doté de ressources» en gaz de schiste.

  • Les négociations avec CNPC-PetroChina ont duré cinq ans.
    Les négociations avec CNPC-PetroChina ont duré cinq ans. Crédits photo : Kin Cheung/ASSOCIATED PRESS

    Le groupe a finalisé un accord avec CNPC-PetroChina pour exploiter un gisement en Mongolie intérieure.

    Total devrait bientôt entrer de plain-pied dans la production en Chine. Après cinq ans de travail et de négociations, l'accord avec CNPC-PetroChina pour exploiter le gisement de gaz non conventionnel de Sulige, en Mongolie intérieure, est désormais finalisé. Les puits pourraient commencer à produire dès 2012 et atteindre en 2015 un plateau de 3 milliards de m³ par an, soit environ 3 % de ce qui est extrait en Chine aujourd'hui.

    De passage à Pékin, Yves-Louis Darricarrère, directeur général exploration et production de Total, confirme que l'on n'attend plus désormais que le feu vert de la Commission nationale pour la planification et la réforme. Celle-ci délivre parfois des autorisations provisoires, permettant de démarrer les travaux avant le tampon définitif.

    L'investissement initial, non communiqué, serait de 2 milliards de dollars, partagés par les deux groupes. Le chinois sera finalement opérateur, avec 51 % des parts. «Mais nous apporterons une contribution forte, tant dans le management que sur le versant technique,» selon Yves-Louis Darricarrère. Il y a trois semaines, Christophe de Margerie, PDG de Total, confiait à Pékin que l'on ne devient ici «crédible que le jour où l'on a finalisé un accord». Son groupe a d'autres projets dans les cartons, dont la construction d'une grande raffinerie dans le sud de la Chine. Cette réalisation pourrait se faire en coopération avec Sinopec ou Sinochem, et le koweïtien KPC, selon certaines sources.

    Total nourrit aussi en Chine des ambitions sur l'offshore profond, non exploité jusqu'ici, ainsi que sur le «gaz de schiste», lui aussi non conventionnel, et dont l'exploitation semble plus simple qu'en France. Selon le département américain de l'Énergie, la Chine posséderait les plus grosses réserves de ce type de gaz, derrière les États-Unis.

    Alliances à l'étranger

    Le groupe français entend surtout pousser sa stratégie de partenariats avec les trois ou quatre grands groupes chinois pour opérer ailleurs dans le monde. Récemment, a été annoncé un partenariat avec CNOOC en Ouganda, alors que Total travaille déjà avec ce groupe chinois au Nigeria. Des partenariats ont aussi été conclus en Irak avec CNPC, au Yémen avec Sinopec ou au Canada. Des discussions sont aussi en cours avec CNPC sur le Venezuela. «Avec ces partenaires chinois, nous combinons les expériences tant sur le plan de la technique, du management que géopolitique», commente Yves-Louis Darricarrère. Selon les cas, Total apporte sa technologie ou la connaissance du terrain, comme en Afrique. Les Chinois, eux, font bénéficier de leurs forts atouts logistiques ou de leurs bonnes relations avec des pays délicats, comme c'est le cas avec Caracas.



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