POLLUTION EXTRÊME: A Pékin, les mesures d'urgence contre l'"airpocalypse" laissent sceptiques
Le Monde.fr | 25.01.2013
Audrey Garric
"L'airpocalypse." C'est ainsi que les Pékinois ont surnommé la situation dans la capitale chinoise, touchée par une pollution de l'air sans précédent. Lundi 19 janvier, la municipalité a lancé de nouvelles mesures pour lutter contre cette contamination, sujet de débats et de mécontement grandissants depuis plusieurs mois en Chine.
Ces règles systématisent des mesures déjà prises au coup par coup auparavant – fermeture d'usines, réduction des émissions de charbon, interdiction de certaines catégories de véhicules. Le public a jusqu'au 8 février pour les commenter mais d'ores et déjà les critiques et résistances sont de mises.
NOUVELLE NORME D'ÉMISSIONS
Dans le détail, 180 000 véhicules anciens seront retirés de la circulation cette année et la croissance "excessive" des ventes de voitures neuves sera contrôlée – 6 millions de véhicules en 2015, contre 5,2 millions aujourd'hui. La circulation automobile pourra également se voir interdite en cas de pic de pollution.
Une nouvelle norme d'émissions, nommée Pékin 5, à l'image de la norme Euro 5 en Europe, sera adoptée le 1er février. Elle s'appliquera aux véhicules nouvellement immatriculés et devrait permettre de réduire de 40 % les émissions d'oxyde d'azote, rapporte l'agence de presse officielle Xinhua. Les conducteurs devront débourser des amendes de 3 000 yuans (360 euros) si leur véhicule dépasse les nouvelles limites d'émissions.
USINES POLLUANTES FERMÉES
Les systèmes de chauffage fonctionnant au charbon seront également remplacés par des systèmes d'énergie propre dans 44 000 logements anciens du centre-ville. Les vendeurs de rue seront en outre passibles d'une amende de 5 000 yuans (600 euros) s'ils cuisent de la nourriture à l'aide de barbecues sur le bord de la route les jours de smog, détaille China Daily.
Du côté de l'industrie, la construction de nouvelles cimenteries et aciéries sera interdite. Les usines se verront par ailleurs fermées lors des situations de pollution exceptionnelles. Première application concrète : les autorités chinoises ont mis à l'arrêt une gigantesque usine de gazéification du charbon du groupe Shenhua, située à Baotou dans la région autonome de Mongolie intérieure, accusée de graves atteintes à l'environnement. Elle sera autorisée à reprendre son activité quand elle respectera les normes en vigueur, a indiqué le Quotidien national des affaires cité par Reuters, qui précise qu'elle a été condamnée à payer une amende de 100 000 yuans (12 000 euros) pour ses récentes pollutions.
"Nous allons accélérer la construction d'une ville magnifique avec un ciel bleu, une terre verte et de l'eau potable", a assuré le maire de Pékin, Wang Anshun, lors d'un discours retransmis en direct à la télévision d'Etat. Pékin s'était engagé le mois dernier à investir 350 milliards de yuans (43 milliards d'euros) d'ici à 2015 pour réduire la pollution atmosphérique.












