MAISON CITOYENNE - Déclaration* co-signée par les associations organisatrices de « Sans-papiers parmi nous »

Suivez les liens ...
La Maison citoyenne Mail: <maisoncitoyenne89@free.fr>
Déclaration* co-signée par les associations
organisatrices de:
« Sans-papiers parmi nous »
8 mai 2010, Halle aux grains à Joigny
Aujourd’hui en France, des hommes et des femmes ne se déplacent
qu’avec la peur au ventre, hésitent à ouvrir leur porte au petit matin, se demandent même s’ils doivent envoyer leurs enfants à l’école, parce qu’il arrive que la police vienne y chercher des enfants !
C’est insupportable.
De nombreuses manifestations de solidarité ont eu lieu à travers la
France à l’égard des enfants, jeunes, familles, et de tous ceux qui vivent avec nous dans nos écoles et nos quartiers, mais qui se trouvent privés du droit au séjour et menacés d’expulsion. Nous mesurons les dégâts d’une politique inhumaine, indifférente au respect des droits de la personne et fondée sur la méfiance, voire l’hostilité vis-à-vis des étrangers.
Nous demandons le respect des droits fondamentaux pour tous les étrangers.
Le droit d’asile.
Des milliers d’étrangers se voient refuser le bénéfice du statut de
réfugié, sous prétexte qu’ils viennent d’un pays dit « sûr », ou parce que le récit qu’ils ont fait de ce qu’ils ont vécu n’est pas jugé fiable ou encore parce qu’ils n’auraient pas pu fournir des documents jugés
suffisamment crédibles : plus de 80 % des demandes sont rejetées.
Le droit de vivre en famille.
Des longues années passées en France, des enfants scolarisés et souvent nés ici, souvent des liens de famille… : rien ne trouve grâce auprès des préfectures pour qui l’immigration familiale est devenue une cible et le refus la règle. Même l’amour et le mariage sont devenus suspects !
Vivre en famille, bénéficier du respect des liens privés : ces droits
doivent être reconnus dans les faits, et toutes les restrictions au
regroupement familial supprimées.
La Convention Internationale des Droits de l’Enfant doit être prise en compte, afin que l’intérêt supérieur de l’enfant soit réellement la préoccupation essentielle dans toutes les décisions administratives ou judiciaires le concernant.
Le droit de se soigner.
Les étrangers qui demandent le droit au séjour pour soigner des pathologies graves se voient répondre qu’ils peuvent se faire soigner dans leur pays d’origine.
Droit à l’éducation.
Nous demandons que les enfants soient scolarisés sans aucune restriction et protégés dans l’enceinte des établissements scolaires.
Le projet de loi sur l’immigration.
Nous dénonçons ce projet car du seul fait de leur arrivée, les étrangers dépourvus de documents, même demandeurs d’asile, se trouveront ipso facto en zone d’attente, c’est-à-dire enfermés et privés de l’essentiel de leurs droits.
On réduit le rôle des juges des libertés et on banalise l’enfermement.
De plus en plus nombreux sont les Français qui refusent l’image d’une société repliée sur elle-même et tentée par la xénophobie, qui veulent l’abrogation des lois existantes et une législation respectueuse des droits de la personne.
Ces jeunes, ces hommes et ces femmes, nos voisins, nos proches, sont une richesse : ayons le courage de l’affirmer, construisons une société ouverte au monde, dynamique et chaleureuse.
Mettons fin aux expulsions, donnons à ceux qui vivent à nos côtés le
droit au séjour, c’est-à-dire le droit à la dignité.
Les étrangers ne sont pas dangereux, mais en danger. Les droits de l’Homme doivent être respectés pour tous et partout.
C3V-Maison citoyenne, RESF, LDH, Cimade, Mouv’art,
ACAT, LACIM, Commerce équitable, Amnesty international,
CCFDTerre solidaire.










